dimanche 21 novembre 2010

La Sainte-Cécile

Patronne des musiciens, chanteurs et fabricants d'instruments de musique, Sainte Cécile est fêtée le 22 novembre et donne l'occasion à de nombreuses fanfares et orchestres de se réunir et de se produire en public lors d'une messe solennelle, d'un banquet ou d'un concert.

Sa réputation de musicienne, elle la doit à la présence d'un orgue sur une représentation datant du Moyen Âge. Rien dans la vie de Sainte Cécile ne laisse supposer qu'elle fut musicienne.
Née dans une famille de noblesse romaine, elle aurait, selon la légende, fait vœu de chasteté en devenant chrétienne.

Obligée de se marier contre son gré à un jeune païen Valérien, elle l'aurait converti avec l'aide d'un ange. Pendant la cérémonie du mariage, elle n'avait pas voulu entendre la musique de l'orgue et priait pour conserver sa virginité.
Martyrisée pour sa foi, elle fut plongée dans un bain bouillant qui ne lui fit aucun mal, puis décapitée. Avant de mourir, elle avait converti ses bourreaux et plus de quatre cents païens.

Pour la Sainte Cécile, chocolatiers, confiseurs et pâtissiers rivalisent d'imagination et de créativité pour confectionner des gâteaux extraordinaires et des chefs d'œuvre en sucre et chocolat où l'instrument de musique prend toute sa place.

La belle histoire de Saint-Nicolas

Dans toute une partie de l’Europe, pas besoin d’attendre le 25 décembre pour entrer dans le monde merveilleux de l’enfance.

Si dès le début du mois de Décembre, tous les enfants attendent Noël avec impatience, une fête leur est cependant tout spécialement consacrée dès le 6 : la Saint Nicolas. Patron des enfants, il est fêté en Flandre française, dans l'Est de la France, en Belgique et en Hollande et plus généralement dans tous les pays de tradition germanique.
Dans le Nord et l’Est de la France, le 5 décembre, juste avant d’aller se coucher, les enfants laissent près de la cheminée, leurs chaussures ou chaussons garnis de choux, carottes et navets pour l’âne de Saint Nicolas.

Durant la nuit, le bon Saint Nicolas, vêtu de son grand manteau d’évêque, de sa mitre et portant haut sa crosse, passera dans chaque maison pour combler les enfants sages.
Dans sa hotte, quelques martinets que le Père Fouettard, tout barbouillé de noir, distribuera aux vilains.

Aujourd’hui encore, il n’est pas rare de rencontrer Saint Nicolas dans les écoles maternelles du Nord et de l'Est de la France, distribuant des friandises et de jolis présents aux enfants sages.

Né en 270 en Turquie, on attribue à Saint Nicolas de nombreux miracles et on raconte toutes sortes de légendes : il évite le famines, sauve trois jeunes filles méritantes de la débauche, redonne la vie à trois petits enfants découpés et mis au saloir par un affreux boucher, vole au secours de marins en perdition...

Au XVIIe siècle, nombreux sont les Hollandais qui émigrent en Amérique pour y chercher fortune. Dans leur bagages, ils emportent avec eux le personnage de Saint Nicolas appelé aussi Santa Claus.
En 1809, un écrivain américain rapporte une étrange histoire après un naufrage : l'histoire de Knickerbocker's. Un marin hollandais voit apparaître en songe Saint Nicolas en personne. Ce dernier lui demande de fonder une ville sur l'île de Manahatta. Cette ville s'appellera New York et sera bâtie sur l'île de Manhattan.
En échange Saint Nicolas promet de rendre visite chaque année à tous les habitants de la ville. Il conduira un char céleste et descendra par les cheminées. Saint Nicolas est sans conteste l'ancêtre du Père Noël, dessiné comme on le connaît de nos jours en 1862 par l'américain Thomas Nast.

La Sainte-Catherine

La fête de Sainte Catherine remonte au IVème siècle en l’honneur de Catherine d’Alexandrie, seule au paradis à porter la triple auréole : blanche des vierges, verte des docteurs et rouge des martyrs. Invoquée depuis fort longtemps par toutes les jeunes filles en quête d’un mari, on la priait ainsi “O Santa Maria Catharina, Donne-moi l’homme qui me conviendra”.

Cette jeune princesse est née à Alexandrie, en Egypte, à la fin du IIIe siècle. Elle appartient à la famille royale et est belle, intelligente et très instruite. Elle se convertit au catholicisme et rêve d'épouser un « prince charmant ».

Cette quête se révèle difficile et elle refuse de céder aux avances de l'empereur. Elle décide alors de vouer sa vie à Dieu. L'empereur romain lui ordonne de renier sa foi et de rendre le culte aux idoles romaines du pays. Catherine refuse et face à une armée de philosophes, qui tentent de lui prouver que Dieu n'existe pas, elle a réponse à tout.

Elle est alors condamnée au martyre. Ni le fouet plombé, ni la roue armée de pointes acérées ne la feront changer d'avis. Elle est alors décapitée le 25 novembre.

Très vite le culte de Sainte Catherine connaît une grande popularité. De nombreuses professions la choisissent pour patronne : ceux qui utilisent des machines à roues comme les meuniers ou les potiers, les fileuses et plus tard les métiers du textile, les barbiers en souvenir de la lame qui l'a décapitée, les prisonniers en mémoire de son long séjour en cachot...

Mais c'est surtout les jeunes filles en quête de mari qui lui adresseront leurs demandes. Le 25 novembre, toutes celles dont la prière n’a pas encore été exaucée, et qui ont eu ou auront 25 ans dans l’année, coifferont Sainte Catherine. L’expression remonte au XVIème ou au XVIIème siècle. En effet, l’aînée de la confrérie renouvelait la coiffure de la statue de Sainte Catherine.

Les bonnets des catherinettes étaient faits de dentelles et de rubans jaunes et verts. Le jaune est le symbole du mariage qui tarde, le vert un signe d'espérance.

Aujourd’hui, les chapeaux font preuve d’une imagination débordante et ont des allures extravagantes. Devenue patronne de la Haute Couture au XIXe siècle, Sainte Catherine est surtout fêtée sur le lieu de travail. Les jeunes filles sont, dit-on, embrassées 25 fois !

Au XXe siècle, dans le Nord, Sainte Catherine est aussi la patronne de toutes les industries textiles. Il est alors d'usage d'envoyer des cartes postales pleines de souhaits et de doux espoirs à toutes les jeunes filles qui fêtent leur 25 ans dans l'année. On offre aussi des chocolats et des douceurs.

La tradition perdure de nos jours bien qu'après la réforme liturgique de 1969, c'est Catherine Labouré qui est fêtée le 25 novembre. Cette humble fille devenue religieuse vit apparaître la Vierge en 1830 rue du Bac à Paris.

jeudi 8 avril 2010

La non pareille

C’est une minuscule petite dragée composée d’un noyau de sucre, lissé comme la dragée.
Elle peut prendre diverses teintes et sert souvent à décorer les pâtisseries ou les boîtes de dragées.
Les perles, argentées ou dorées, les perlures, peuvent être lisses ou comporter des aspérités.
Elles peuvent aussi prendre la forme et la couleur d’une fleur de mimosa.
Les dragées et non-pareilles argentées sont brassées avec de la vraie feuille d’argent.

D'où vient le mot dragée ?

Nul ne sait et plusieurs hypothèses sont avancées. “Tragema” en grec signifie friandise : le mot dragée est-il issu de la déformation du mot grec. Ou vient-il du mot “dragicos” en grec qui signifie bouc ? Les dragées étaient alors si dures qu’il fallait les casser avec une sorte de casse-noix en forme de cornes de bouc.

Certains avancent qu’il viendrait plutôt de Julius Dragatus, confiseur romain attaché à la famille des Fabius en l’an 177 avant J.-C. Il préparait des amandes enrobées de miel, les “dragati”, offertes les jours de fête à la foule lors d’une naissance ou d’un mariage.

D’autres prétendent, que la dragée vient de “diagagram”, bonbon fabriqué à Montpellier au Moyen Âge.
Une chose est sûre : la dragée est née le jour où l’on eut l’idée d’enfermer une amande dans du miel.

Les dragées et l’histoire

Au Moyen Âge, la vogue est aux “épices de chambre”, composées de fruits secs ou d’épices enrobés de miel. La dragée est présente dans de fastueux repas royaux ou seigneuriaux. Elle fait alors une entrée spectaculaire dans l’histoire. Mahaut d’Artois assassine son cousin le roi Louis X dit le Hutin en 1316. Elle dépose des dragées empoisonnées dans la coupe qui se trouve à son chevet.

Très vite, elle devient le cadeau prestigieux destiné aux hôtes de marque de passage dans une ville. En 1413, vingt livres de dragées furent offertes à des princes et évêques anglais de passage à Bruges.

La Renaissance italienne consacrera la dragée et Florence devient alors un centre de production important. La famille de Médicis fera connaître les dragées à la cour du roi de France. Catherine de Médicis en sera une ardente ambassadrice, exigeante, soucieuse de la qualité et en fera une confiserie traditionnelle.

Plus tard, elle fut présente à tous les sacres royaux. Louis XIV ordonna qu’on en offrit à tous les enfants des écoles le jour de l’an.
C’est en 1750 que la dragée prit sa forme actuelle. Pecquet, “bonbonnier royal” et célèbre confiseur de la rue des Lombards à Paris, approvisionnait la maison du roi en toutes occasions notamment les baptêmes de Louis XVI et Louis XVIII.

Au fil des années, la dragée conquit le monde. Napoléon 1er, le Président Carnot, Sa Majesté Edouard VII Roi d’Angleterre, Son Altesse Royale le Prince de Galles, leurs Majestés le Roi et la Reine des Belges, le Président Charles De Gaulle furent des amateurs prestigieux de la Dragée fabriquée à Verdun.

Aujourd’hui, il n’est de baptême, de communion, de mariage sans les dragées et ce dans de nombreux pays comme l’Espagne, l’Italie. Traditionnellement blanches pour une union, bleu pour la naissance d’un petit garçon, rose pour celle d’une petite fille, la couleur des dragées évolue avec le temps.
Aujourd’hui, elles prennent les couleurs du temps et l’amande n’est plus le noyau exclusif de ce bonbon qui peut être au chocolat, à la noisette, au fondant ou à la nougatine, à la liqueur ou aux fruits confits.

Avec la France, les pays méditerranéens sont les plus grands consommateurs de dragées. En Espagne, on les appelle les “peladillas” et en Italie “confetti”.
Elles peuvent prendre la forme de galet, de caillou ou de gravier... Au Luxembourg on dégustera le caillou de la Sûre et en Angleterre “des candies pebbles”.

lundi 8 mars 2010

La tradition des oeufs de Pâques

Si la tradition d’offrir des œufs de Pâques est ancestrale, l’idée d’offrir des œufs en chocolat est beaucoup plus récente.

Dans l’antiquité, les œufs représentaient la fécondité et le renouveau. Il y a plus de 5000 ans, les Perses, mais aussi les Égyptiens s’offraient des œufs de poule décorés pour célébrer le printemps.

La tradition des œufs peints arrive en Europe au XIII ème siècle : peints avec des colorants naturels, ils représentaient des scènes champêtres, des motifs géométriques ou étaient simplement colorés. A la campagne, dans les quartiers populaires des cités, on se les échangeait.

A la Renaissance, les nobles s’emparent aussi de la tradition : les œufs sont alors en or massif, finement ciselés, et toutes les cours des royaumes du Vieux Continent possèdent leurs joyaux.

Œuvres d’art, objets précieux, ils se collectionnent et intègrent les trésors de la couronne. Les plus connus et les plus recherchés restent les œufs décorés de Peter Carl Fabergé à la fin du XIX ème siècle.

Au XVIII ème siècle, les premiers œufs frais, vidés de leur contenu, sont remplis de chocolat. Au XIX ème siècle, les moules en fer voient le jour et les techniques pour travailler et préparer le chocolat s’améliorent. Les premiers œufs tout en chocolat font leur apparition.

La chasse aux œufs de Pâques remonterait au Moyen Âge. A l’époque, l’Eglise interdisait la consommation des œufs durant tout le Carême. A la fin du jeûne, il y avait alors abondance. On s’offrait les œufs pour les écouler. Frais, c’était bien. Colorés ou peints de figurines, c’était mieux. Puis on les recouvrit de feuilles d’or. Le roi Louis XIV faisait rechercher le plus gros œuf de son royaume. La chasse aux œufs date-t-elle de cette époque ? Nul ne sait.

Une chose est certaine : aujourd’hui en France, de nombreuses chasses aux œufs sont organisées dont la célèbre chasse de Provins, jolie cité médiévale où sont cachés des milliers d’œufs - la plus grande a lieu en Seine-et-Marne avec la participation en 2004 de plus de 200 communes et 400 000 œufs en chocolat à trouver dans les jardins.

Alors à vos paniers !

Les œufs de Fabergé

L’histoire des œufs de Fabergé débute en 1884. Le Tzar Alexandre III commande un œuf de Pâques pour son épouse. Fait d’émail translucide avec des incrustations d’argent, d’or et de pierres précieuses, il devint légendaire. Chaque année, Fabergé, fournisseur impérial, créait un œuf fabuleux. La collection comporte aujourd’hui 56 œufs impériaux.