jeudi 8 avril 2010

La non pareille

C’est une minuscule petite dragée composée d’un noyau de sucre, lissé comme la dragée.
Elle peut prendre diverses teintes et sert souvent à décorer les pâtisseries ou les boîtes de dragées.
Les perles, argentées ou dorées, les perlures, peuvent être lisses ou comporter des aspérités.
Elles peuvent aussi prendre la forme et la couleur d’une fleur de mimosa.
Les dragées et non-pareilles argentées sont brassées avec de la vraie feuille d’argent.

D'où vient le mot dragée ?

Nul ne sait et plusieurs hypothèses sont avancées. “Tragema” en grec signifie friandise : le mot dragée est-il issu de la déformation du mot grec. Ou vient-il du mot “dragicos” en grec qui signifie bouc ? Les dragées étaient alors si dures qu’il fallait les casser avec une sorte de casse-noix en forme de cornes de bouc.

Certains avancent qu’il viendrait plutôt de Julius Dragatus, confiseur romain attaché à la famille des Fabius en l’an 177 avant J.-C. Il préparait des amandes enrobées de miel, les “dragati”, offertes les jours de fête à la foule lors d’une naissance ou d’un mariage.

D’autres prétendent, que la dragée vient de “diagagram”, bonbon fabriqué à Montpellier au Moyen Âge.
Une chose est sûre : la dragée est née le jour où l’on eut l’idée d’enfermer une amande dans du miel.

Les dragées et l’histoire

Au Moyen Âge, la vogue est aux “épices de chambre”, composées de fruits secs ou d’épices enrobés de miel. La dragée est présente dans de fastueux repas royaux ou seigneuriaux. Elle fait alors une entrée spectaculaire dans l’histoire. Mahaut d’Artois assassine son cousin le roi Louis X dit le Hutin en 1316. Elle dépose des dragées empoisonnées dans la coupe qui se trouve à son chevet.

Très vite, elle devient le cadeau prestigieux destiné aux hôtes de marque de passage dans une ville. En 1413, vingt livres de dragées furent offertes à des princes et évêques anglais de passage à Bruges.

La Renaissance italienne consacrera la dragée et Florence devient alors un centre de production important. La famille de Médicis fera connaître les dragées à la cour du roi de France. Catherine de Médicis en sera une ardente ambassadrice, exigeante, soucieuse de la qualité et en fera une confiserie traditionnelle.

Plus tard, elle fut présente à tous les sacres royaux. Louis XIV ordonna qu’on en offrit à tous les enfants des écoles le jour de l’an.
C’est en 1750 que la dragée prit sa forme actuelle. Pecquet, “bonbonnier royal” et célèbre confiseur de la rue des Lombards à Paris, approvisionnait la maison du roi en toutes occasions notamment les baptêmes de Louis XVI et Louis XVIII.

Au fil des années, la dragée conquit le monde. Napoléon 1er, le Président Carnot, Sa Majesté Edouard VII Roi d’Angleterre, Son Altesse Royale le Prince de Galles, leurs Majestés le Roi et la Reine des Belges, le Président Charles De Gaulle furent des amateurs prestigieux de la Dragée fabriquée à Verdun.

Aujourd’hui, il n’est de baptême, de communion, de mariage sans les dragées et ce dans de nombreux pays comme l’Espagne, l’Italie. Traditionnellement blanches pour une union, bleu pour la naissance d’un petit garçon, rose pour celle d’une petite fille, la couleur des dragées évolue avec le temps.
Aujourd’hui, elles prennent les couleurs du temps et l’amande n’est plus le noyau exclusif de ce bonbon qui peut être au chocolat, à la noisette, au fondant ou à la nougatine, à la liqueur ou aux fruits confits.

Avec la France, les pays méditerranéens sont les plus grands consommateurs de dragées. En Espagne, on les appelle les “peladillas” et en Italie “confetti”.
Elles peuvent prendre la forme de galet, de caillou ou de gravier... Au Luxembourg on dégustera le caillou de la Sûre et en Angleterre “des candies pebbles”.